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mercredi 15 octobre 2008

L'autisme et la musicothérapie

Saviez-vous que plusieurs autistes ne parlent pas, mais qu'ils chantent ?

C'est un peu pour cette raison que depuis quelques années, on expérimente beaucoup la musicothérapie auprès des personnes atteintes d'autisme comme moyen de développer leurs habiletés à s'exprimer.

La musique, étant un moyen de communication le plus souvent non-verbal, rejoint bien l'enfant autiste. Elle s'avère un bon outil également puisqu'elle stimule plusieurs régions du cerveau et facilite l'expression de soi.

La musicothérapie a pour but ultime de maintenir ou d'améliorer la santé mentale, physique et émotionnelle des autistes. Elle vise également à créer un lien de confiance entre l'autiste et le musicothérapeute.

Par la musique, le thérapeute peut accroître la qualité du langage des autistes en leur faisant faire diverses activités de chant.

On fait également beaucoup d'improvisation avec des instruments de musique, ce qui leur permet de développer leur créativité.

Deux autres stratégies en musicothérapie sont la danse et les marches militaires, qui permettent aux autistes de découvrir leur corps et les différents rythmes qu'ils peuvent leur donner.

Un bon exemple du succès de la musicothérapie réside dans le programme d'éveil sensoriel à la musique (Music Sensory Awakening Program). Ce programme, entièrement adapté aux enfants autistes de 3 à 18 ans, a été développé par un adolescent de 19 ans, Raymond Ko, de Saskatoon.

Ce programme est orchestré par des bénévoles et vise à enseigner la musique aux autistes dans le but de faire un concert en fin d'année.

Il paraîtrait que le résultat est une grande réussite, que les autistes aiment faire de la musique (en raison de la rigidité de ses rythmes et de ses notes, selon Ko), qu'ils développent de façon extraordinaire leur motricité fine et qu'ils sont tout à fait capables de se produire devant des centaines de personnes.

Alors, qu'en pensez-vous ? Est-ce que la musique peut s'avérer efficace avec les autistes ? Est-ce qu'elle constitue le moyen idéal de communiquer avec eux ? Je crois que oui, mais qu'il ne faut tout de même pas abandonner les autres méthodes au profit de celle-ci.

Tout d'abord, la musicothérapie auprès des autistes est encore au stade expérimental. Même s'il semble clair que faire de la musique plaît aux autistes de façon générale, les méthodes ne sont probablement pas encore tout à fait au point.

De plus, je doute qu'on puisse tout apprendre à un enfant avec la musique. Oui, on peut élargir son vocabulaire par le chant, mais il demeure que si l'enfant chante sans parler, il ne parlera pas plus après même s'il connaît plus de mots.

En somme, je ne suis pas contre l'utilisation de cette méthode, au contraire, je crois qu'elle pourrait se révéler un atout pour la plupart des enfants autistes, mais à la condition qu'elle soit pratiquée en parallèle avec d'autres méthodes qui pourraient en combler les déficits.

En terminant, si vous voulez écouter de la musique interprétée par des autistes et conçue pour les autistes, je vous invite à visiter AutisMusic.

mardi 7 octobre 2008

TEACCH

Le TEACCH (Treatment and Education of Autistic and related Communication Handicapped Children), est un programme d'intervention auprès des enfants autistes qui a été développé pendant les années 1960, par Eric Schopler et ses collègues de l'Université de Chapel Hill en Caroline du Nord.
C'est un programme d'intervention qui se réalise dans une approche développementale, c'est-à-dire que l'on se concentre sur les besoins de la personne autiste selon son âge et son niveau de développement. Ainsi, pendant la période de scolarisation de l'enfant, la priorité est mise sur les troubles d'apprentissage et les troubles de comportement reliés à l'autisme.
TEACCH fonctionne à l'aide d'un programme de traitement individualisé qui se bâtit à partir de discussions entre parents et intervenants et d'observation directe des interactions parents-enfant. On tente de cibler les intérêts de l'enfant afin de pouvoir s'en servir dans les interventions futures, ainsi que les stratégies éducatives qui seront efficaces avec lui.
Le programme TEACCH reconnaît l'importance du rôle joué par les parents dans l'éducation des enfants. C'est pour cette raison qu'un accent est mis sur la formation de ceux-ci, tant à bien comprendre leur enfant qu'à bien interagir avec eux.
Après l'évaluation de l'enfant et la mise en place de son programme d'intervention, les professionnels forment les parents à donner à leur enfant un enseignement structuré ainsi qu'à bien gérer leurs comportements inadaptés.
L'enseignement structuré dont il est question dans le programme TEACCH consiste, en résumé, à procurer un environnement stable et dépourvu de distractions à l'enfant. On propose entre autres d'aménager son environnement en zones distinctes: une zone de jeux, une zone de travail, une zone de repas, etc. Il est aussi important d'instaurer une routine de travail, c'est-à-dire de faire en sorte qu'une même activité soit faite au même moment de la journée. La durée des périodes de travail, quant à elle, doit se faire en fonction de la concentration et de la discipline de l'élève.
Pour ce qui est de la gestion des comportements des élèves autistes, on propose une intervention qui s'appuie sur les principes du conditionnement opérant, c'est-à-dire sur le renforcement et sur les punitions.
Il se peut que vous vous demandiez comment il est possible, dans la perspective du programme TEACCH, d'intégrer les élèves autistes dans les classes régulières. Effectivement, cela peut se révéler difficile, puisque la base même de l'enseignement structuré est de procurer un environnement libre de distractions aux élèves. Il va sans dire qu'une classe régulière n'est pas sans distractions...
En Caroline du Nord, on forme des classes spéciales de 7 ou 8 élèves autistes qui respectent le programme TEACCH. Ces classes sont toutefois dans des écoles régulières, ce qui permet au moins de ne pas séparer complètement les autistes des élèves au régulier.
Au Québec, le programme TEACCH est pratiqué dans certains établissements spécialisés, mais son application est loin d'être uniformisée à toutes les écoles. De plus, les établissements qui l'utilisent ne l'appliquent que partiellement.
Je crois que le Québec gagnerait à appliquer cette méthode systématiquement auprès des élèves autistes, même si le fondement même de la méthode va à l'encontre des objectifs du ministère de l'Éducation qui souhaite intégrer ces enfants dans les classes régulières.
Le programme TEACCH ne bénéficie pas seulement aux enfants qui ont la chance de progresser à leur propre rythme, mais aussi aux parents qui reçoivent une solide formation les appuyant dans l'éducation de leur enfant.

mardi 30 septembre 2008

l'ABA

L'ABA est une méthode réputée comme étant efficace pour l'apprentissage des enfants autistes. C'est une méthode provenant des pays anglo-saxons qui trouve ses origines dans les expérimentations du psychologue américain Burrhus Frederic Skinner sur le condionnement opérant. ABA provient de Applied Behavior Analysis qui peut se traduire par Analyse Appliquée du comportement.
En résumé, il s'agit d'une méthode d'enseignement individualisée qui se base sur la stimulation intensive de l'enfant pour favoriser son apprentissage et pour développer ses habiletés de communication.
Dans les pays anglos-saxons et depuis peu dans d'autres pays, cette méthode donne lieu à des résultats impressionnants. Pourtant, il existe toute une controverse sur la pertinence et l'efficacité réelle de cette méthode.
Je vous invite à visionner le reportage ci-dessous qui explique très bien ce qu'est l'ABA et les raisons pour lesquelles la méthode demeure discutée. Elle présente également quelques enfants autistes qui bénéficient de cette méthode en France, dont Rodrigue et Enrique. Leurs progrès depuis leur insertion à l'école Futuro sont particulièrement impressionnants. Le reportage provient de l'émission française «Périphériques».


Si malgré l'efficacité évidente de la méthode de l'ABA, il y a toujours polémique, c'est parce que des personnes, dont certains psychiatres et pédo-psychiatres, considèrent que le résultat du conditionnement intensif des enfants autistes n'est pas un apprentissage réel et bien intégré.
Peut-être bien que ces enfants n'ont pas réellement intégré ce qui leur a été appris. Ou peut-être que oui. C'est assez difficile de le savoir, étant donné la nature renfermée des enfants autistes. Mais le plus urgent, selon moi, ce n'est pas que les personnes atteintes d'autisme ou d'autres troubles envahissants du développement comprennent ce qu'elles font et pour quelles raisons, c'est qu'elles développent, dans la mesure du possible, des comportements adaptés qui leur permettra de mieux intégrer notre société. C'est donc que les enfants autistes apprennent autant que possible à communiquer avec leur entourage, qu'ils apprennent un minimum de langage et qu'ils apprennent à mieux contrôler leurs manies. Et c'est ce que réussit à faire la méthode de l'ABA.
Je comprends la nature des objections que posent ces psychiatres sur la méthode de l'ABA. Mais en même temps, qu'ont-ils de mieux à proposer? La vision de la plupart des psychiatres mentionnés dans le reportage est de nature psychanalytique. Leurs méthodes ne sont pas les plus utiles, ni pour comprendre, ni pour aider concrètement les autistes. Alors pourquoi s'objectent-ils à ce qui, à ce jour, s'est révélé le plus efficace avec les enfants autistes ? Les exemples de Rodrigue et d'Enrique ne sont-ils pas assez convaincants en soi ?
Prenons l'exemple de Rodrigue. Si on ne peut être entièrement certains qu'il a intégré les apprentissages qu'il a fait à l'école, force est de constater qu'il a fait d'énormes progrès en très peu de temps. Alors que personne ne s'attendait à ce qu'il puisse recevoir la moindre scolarisation, il se retrouve en classe régulière à peine quelques années plus tard !
En conclusion, à mon avis, la méthode de l'ABA permet aux personnes atteintes d'autisme d'avoir de meilleures conditions de vie, mais aussi à tout leur entourage. Les enfants autistes apprennent à mieux communiquer leurs besoins, et c'est dans l'intérêt de tous.